🏛️ La consécration constitutionnelle de la médiation institutionnelle
L’ancrage de la culture de médiation trouve son fondement dans l’Article 162 de la Constitution marocaine de 2011, qui érige le Médiateur en institution nationale indépendante chargée notamment de :« défendre les droits (…) et diffuser les principes de justice et d’équité » (mjp.univ-perp.fr)Cette reconnaissance constitutionnelle a été renforcée par la Loi n° 14-16 relative à l’Institution du Médiateur, entrée en vigueur le 1er juillet 2019, qui réorganise le cadre juridique de l’Institution du Médiateur du Royaume et consacre explicitement son rôle dans la médiation et la conciliation en vue du règlement amiable des différends entre l’administration et les usagers. (mediateur.ma) Il s’agit là d’un tournant majeur : la médiation n’est plus seulement une pratique facultative, mais un levier institutionnel de bonne gouvernance administrative.
⚖️ L’intégration de la médiation dans l’organisation judiciaire
Dans le sillage de la réforme constitutionnelle, la Loi n° 38-15 relative à l’organisation judiciaire marque une avancée notable en intégrant, à travers son Article 13, le recours aux modes alternatifs de règlement des litiges dans le fonctionnement du système judiciaire. Entrée en vigueur le 15 janvier 2023, cette loi vise notamment à :- faciliter l’accès à la justice ;
- désengorger les juridictions ;
- promouvoir une justice plus rapide et consensuelle. (lecoindesjuristes.com)
📜 La consécration procédurale par le nouveau Code de procédure civile
Une avancée décisive a été franchie avec l’adoption de l’article 8 du nouveau Code de procédure civile, qui consacre le rôle du juge dans l’encouragement des parties à recourir aux modes alternatifs de règlement des litiges, notamment la médiation conventionnelle.
Cette disposition introduit une véritable mutation du rôle du juge civil, désormais appelé non seulement à trancher les litiges, mais également à :
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orienter les parties vers des solutions amiables ;
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favoriser la résolution consensuelle du différend ;
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promouvoir la culture de règlement négocié dès l’introduction de l’instance.
Ainsi, la médiation devient un mécanisme intégré au processus juridictionnel lui-même, marquant l’émergence d’un modèle de justice collaborative.
🏦 La médiation dans le secteur bancaire et financier
L’Article 158 de la Loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit impose aux établissements de crédit la mise en place de dispositifs internes de traitement des réclamations et encourage le recours à des mécanismes de médiation pour le règlement des différends avec la clientèle à travers l’institution du Médiateur Bancaire (Centre Marocain de Médiation BancaireCentre Marocain de Médiation Bancairehttps://cmmb.ma). Ce dispositif contribue à :- renforcer la confiance des usagers ;
- prévenir les contentieux judiciaires ;
- promouvoir des solutions négociées adaptées aux relations bancaires.
🛍️ Une protection renforcée du consommateur
Dans le domaine de la consommation, l’Article 111 de la Loi n° 31-08 relative à la protection du consommateur prévoit expressément la possibilité de recourir à la médiation ou à l’arbitrage pour le règlement amiable des litiges entre consommateurs et professionnels. Ce mécanisme permet :- une résolution rapide des différends ;
- une réduction des coûts de procédure ;
- une meilleure accessibilité à la justice pour les consommateurs.
🏢 La médiation en matière de copropriété
La Loi n° 18-00 relative à la copropriété des immeubles bâtis, à travers son Article 13, ouvre également la voie à la médiation pour la résolution des conflits entre copropriétaires ou entre ces derniers et le syndic. Dans un contexte urbain marqué par la multiplication des ensembles immobiliers, cette disposition vise à :- préserver les relations de voisinage ;
- limiter les litiges judiciaires ;
- favoriser des solutions consensuelles au sein des communautés résidentielles.
🌾 La médiation dans le regroupement agricole
Enfin, l’Article 13 de la Loi n° 04-12 relative au regroupement agricole consacre le recours à la médiation pour le règlement des différends pouvant surgir entre les membres d’un groupement agricole ou entre ces derniers et les tiers. Cette approche participe :- à la sécurisation des relations contractuelles agricoles ;
- à la stabilité des partenariats ;
- à la continuité des projets d’exploitation collective.

